Les 3 vallées
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Chronique du quotidien

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lundi, 5 janvier 2009

De quoi me plains-je?

Je suis totalement exténué au bout de 20 jours de travail en altitude. Mais ceci dit, de quoi me plains-je? Certains Humains n'ont pas de travail.

C'est fatigant d'être l'homme à tout faire de l'hôtel et par conséquent de devoir courir partout, conduire une 4 roues motrices sur les routes de montagne en restant vigilant face aux trio neige-rayures-vieux. Mais ceci dit, de quoi me plains-je? Certains Humains, du Togo par exemple, ne connaîtrons jamais les sommets enneigés ni la caméra de recul.

Le chemin de mon lieu de travail jusqu'à mon lit est long et éreintant. Mais en réflechissant, de quoi me plains-je? Ici j'ai été accueilli et hébergé alors que le Dalaï-Lama ne peut pas rentrer chez lui et que certains Humains vivent sous les ponts.

J'ai mal aux bras à force de déneiger la terasse du restaurant dès 10h10 du matin. Mais ceci dit, de quoi me plains-je? J'ai encore les deux miens, et certains Humains de la bande de Gaza ne sont pas dans ce cas là.

Mes collocataires m'ont soulagés de la totalité de ma patafix dans le but de confectionner des instruments de défonce communément appelés "pipes à eaux". Mais celà dit, de quoi me plains-je? Certains Humains n'ont même pas la possibilité de faire développer des photos pour les accrocher sur leurs armoires.

Je me couche tous les soirs dans des nuages de cannabis mélés à des vapeurs de Vodka. Mais finalement, de quoi me plains-je? Ce n'est pas moi le malheureux Humain dépendant.

Les bobos que je transportent chaque soir jusqu'au salon de massage ne m'ont pas laissés de pourboires. Mais dans l'absolu, de quoi me plains-je? Ils me glisseront certainement un billet au moment de leur départ, ils sont Humains tout de même.

Je suis obligé de quitter mes bijoux pour donner meilleure figure aux clients de l'établissement 3 étoiles. Mais ceci dit, de quoi me plains-je? Je me plains pas, je râle. Je ne dis pas que j'ai mal au cul, je dis que ça me fais chier d'avoir mal au cul, comme beaucoup d'Humains de nationalité française.

Je croise tous les soirs un saisonnier qui se rend ivre avant de repartir à 2 heures du matin en voiture sur 5 kilomètres. Mais encore une fois, de quoi me plains-je? De rien. Je plaindrais les proches de son éventuelle victime Humaine ainsi que l'état de son rectum après un séjour en cellule.

Pour paraphraser monsieur Leone, le monde se divise en 2 catégories: Ceux qui ont le pouvoir et ceux qui ne l'ont pas. Mais au fond, de quoi me plains-je? De vivre dans un monde gouverné par des Humains masculins qui ne partagent pas leurs gigantesques richesses obtenues au prix de milliers de sacrifices de certaines vies Humaines? J'ai le droit d'ouvrir ma gueule contre ça? Merci de me le donner.

La grosse majorité des jeunes vingtenaires de Méribel écoute du rap contestataire ou commercial. Mais en partie, de quoi me plains-je? J'ai juste à brancher mes écouteurs sur mon netbook pour entendre les Cowboys Fringants rallier des Humains à l'écologie.

Je n'ai quasiment pas le temps de découvrir le domaine des 3 vallées via son forfait de 37 euros la journée. Mais en définitive, de quoi me plains-je? Je ne verrais pas mon contrat résilié pour cause de blessure hors travail et le forfait saison est à 390 euros pour certains Humains saisonniers.

Ma chérie me manque terriblement. Mais de quoi me plains-je? On s'aime, on va passer le prochain week-end ensemble et son côté Humain n'a pas d'égal.

vendredi, 26 décembre 2008

la merveilleuse vie d'un saisonnier

re coucou tout le monde...

dsl de ne pas avoir écrit depuis un petit moment.. les aléas du boulot... et surtout de l'accès à internet. car comme la plupart des saisonniers je dois aller dépenser mes maigres économies ds un bar pr acceder au wifi.. maintenant on sait tous prkoi on est les meilleurs clients des stations !

c'est ma première saison.. et je suis arrivé avec l'envie de découvrir la glisse sur neige... et..... pour le moment mes seuls sensations se résument à des descentes de luge en nocturne par -5° à 3h du mat !

je viens d'apprendre que je ne pouvais avoir de congés avt le... 5 janvier.. déjà qu'on fait des horaires assez tendus avec une mini pause de 1h30/ 2h max..

merci à vous mes amis touristes; grâce a vous on reçoit certes des pourboires (très vite redistribués au niveau de l'économie locale) mais nous sommes dispensés de "snow ride" comme disent les "Djeuns'

le bon côté de la chose; car il faut positiver qd t saisonnier... c'est que le forfait 3 vallées acheté à partir de janvier devrait couter moins cher...

si toi aussi tu te reconnais... poke moi lol

à bientôt

samedi, 20 décembre 2008

Une Journée Type

7h59. Le réveil sonne. Tu ouvres les yeux pour vérifier l'horreur et les referme aussitôt après avoir éteind ce coq en plastique.

8h25. Tu te lèves pour de bon, te rends aux chiottes et essayes de ne pas en mettre à côté. Récuré, rasé, parfumé, tu avales un peu de jus de fruits et pars à l'assaut des 500 marches d'escalier en descente qui te mèneront sur ton lieu de travail.

9h03. Tu arrives tout sourire à la réception et tout le monde te le rends bien. La journée va commencer.

9h37. Tu as déjà mal aux bras. Normal, vous avez déjà essayé de briser la neige gelée d'une terasse de restaurant ? Surtout que c'est le troisième jour d'affilée.

9h46. Ton télephone professionel sonne. Un client est arrivé. Tu lâches ta pelle de malheur et fonces lui donner ton plus beau sourire. Tu tentes de lui subtiliser sa valise, sans succès. Cet enfoiré veux porter ses slips kangourous tout seul. Tu n'auras pas de pourboire.

10h04. 2 ampoules ne s'allument plus au 3ème étage. C'est pour ta pomme.

10h12. Il n'y a plus de transformateurs neufs dans la réserve. Tu vas le signaler à ta directrice en ajoutant que ça t'arranges bien parce que tu n'as pas envie de choper le 220.

10h42. Quinze japonais descendent d'un minibus avec leurs matériels de skieurs professionels. Tu te retrouves à transporter une demi-tonne de bagages comprenant des housses énormes avec skis et chaussures, tellement lourdes que tu leurs demandent s'il n'y a pas un macchabé dedans. Ces Japonais n'étant pas très bavards et carrément pingres, tu seras bien content d'en avoir terminé avec tes auréoles sous les bras.

11h40. Tu attends. C'est la 2ème clopes que tu te grilles sur la terasse glacée en 10 minutes. Le stagiaire qui te donne un coup de main t'en proposes régulièrement.

12h. Vite, tu as un quart d'heure pour bouffer en compagnie de tes collègues de boulot. Tu passes le sel au chef-barman et le pain à l'assistante maître d'hôtel en détendant l'atmosphère. Le maître d'hôtel te payes une Benson & Hedges pour clôturer le repas et tu repartiras d'aussi sec briser la patinoire-terasse sous les yeux moqueurs des skieurs dont bouffer est l'heure.

13h09. Tu as envie de cirer les 2 petits cons de Russes bourgeois qui t'imitent avec une pelle en plastique. Svazdrovia!

13h38. Le vieux américain te donne 4 euros. Tu viens de porter sa minuscule valise jusqu'à sa voiture. Tu rentres en sifflotant. C'est entre une conso et un paquet de cigarettes. C'était mérité, parce que tu as du écouter patiemment ses conseils de déneigement dans un anglais enrobé d'un accent Texan.

14h29. On te demande d'amener une planche en bois dans le parking souterrain, d'aller chercher la voiture classe de l'entraîneur Canadien puis d'aller donner un chèque au restaurant du bout de la station juste avant qu'un avocat Suisse ne quitte l'établissement pour rentrer chez lui. Tu fulmines un peu contre la perte des potentiels pourboires qui iront grossir la maigre paye du stagiaire t'ayant remplacé.

15h30. Le sona est en rade. Tu lâches ta glace qui commences à te chauffer les oreilles et monte en compagnie de la directrice au 4ème étage. Tu comprends rien au schéma électrique du variateur digital commandant la température de chauffe du sona. Tu décides de déléguer ça à l'électricien. La dernière fois que tu l'as vu, il proférait des injures du haut de son escabeau pour déclarer sa frousse de choper le 220.

15h39. Tu trouves enfin l'électricien en train de s'en griller une devant le DownTown, seul pub du village Mottaret. Tu le rejoins et attaque à discuter de l'Afrique, des problèmes sociaux, de la paire de skis incrustée de diamant au tarif de 22000 Euros, de Bigard et du 11 septembre. Assez rare de trouver quelqu'un ici pour évoquer des sujets sérieux tellement une grande partie de la jeunesse saisonnière ne pense qu'à se dépraver. Celà dit, ce brave homme a 56 ans.

16h. Tu n'en peux plus de porter des bagages. Tu es en train d'entasser des sacs remplis de vêtements chaud dans l'ascenceur en priant pour que la paire de skis posées en équilibre contre un mur ne tombe pas sur le pied d'un client. Le temps que tu ramènes la valise que Madame avait innocemment laissée au bout de la pièce, l'ascenceur se referme et monte au 5ème, appelé par le vieux Finlandais qui ne pourra pas monter dedans. En attendantant qu'il redescende, la paire de skis se casse la gueule.

16h45. Tu pètes la dalle. Tu discutes voyage avec la réceptionniste et un client en profite pour demander sa voiture. Tu fonces au garage puis revient dare-dare au volant de la dernière Passat boîte automatique. Agréable à conduire à l'écoute de Station Méribel FM. Tiens, ça te donne une idée. Un frein à main dans le virage ?

17h12. Tu vas ranger les pelles à neige dans la réserve en saluant les commerçants ou saisonniers voisins qui deviennent petit à petit familier. Il fait nuit et -1°C. Tu sens que tu vas choper la crève.

17h47. Tu discutes avec ton pote barman du projet de ce soir. Il t'invite à sortir au "Loft" à Méribel centre. Tu dis non parce que tu es là pour ECONOMISER, parce que tu y es allé il y a 3 jours et n'y a point vu d'ambiance, parce que tu commences exceptionnellement demain à 7h45. Puis parce que ton corps ne supporte plus aussi bien qu'avant les abus et ton écureuil-DSK encore moins.

18h. Tu pousses un soupir de soulagement. La journée est terminé. Cependant, il est l'heure pour tout le monde de passer à table. Purée-sanglier au menu. Tu choppes un accès à internet via la wifi gratuite de l'hôtel pour un court surf puis attaque le retour au studio.

18h55. Tu arrives sur les genoux et appuye sur le bouton de l'ascenceur dans un ultime effort. C'est un supplice de monter 500 marches d'escalier en montagne.

20h34. Ton colloc se sert rhum sur rhum alors que ton voisin aspire de la fumée à travers une bouteille en plastique. Tu sors de ton bain brûlant et constates que ton pénis a réduit de volume. Tu remets tes boucles d'oreilles et enfile ton plus beau T-shirt.

22h56. Tu viens de perdre au billard et ne veux pas boire la 3ème tournée de shooters que le cuistot a commandée. Non, tu ne tomberas pas dans cette facilitée abrutissante qui est le slogan des bringueurs : drogues et alcools ont pris le monopole.

01h23. Ton colloc complètement défoncé jusqu'aux narines vibre sur un morceau de Janis Joplin en reprenant ses cris à tue-tête. Tu espères que les voisins ne l'entendent pas alors que le cuistot, voisin pour le coup, s'endort sur la table en marmonnant des mots étranges :"Taper une douille..."

02h30. Ca y est, l'appart est plus calme, le voisin rentré et ton colloc étendu sur sa couche. Tu peux songer à t'endormir en lisant "Les Fleurs du Mal".

02h36. Tu vas finir ta page et poser le livre lorsque ce fameux colloc barman se relève pour utiliser cette non moins fameuse bouteille en plastique remplie au tiers d'une eau marron trouble. Tu observes l'accoutumance monstrueuse de ce gentleman et en conclut, avant de t'endormir en constatant combien c'est pas gagné, que la liberté totale peut se résumer à l'absence de dépendance et la possibilité d'avoir le choix...

dimanche, 14 décembre 2008

Etre saisonnier dans l'hôtellerie.

Etre dans l'hôtellerie, c'est entrer dans un monde d'hypocrisie face au client qui doit repartir en te disant qu'il va revenir. Le client est roi. Tu es à son service. Une attitude que je n'arriverais JAMAIS à intégrer à 100%, vive la liberté. Le client qui néanmoins sait que les pourboires sont de mises, merci les vieux. Une équipe qui semble sympathique, mais méfiance est mère de sûreté. Ne pas trop se dévoiler au début, avant de connaître les gens. 40 heures effectives de boulot par semaine pour 45 de présence, les repas sont digestes mais les 650 marches d'escalier à parcourir pour se rendre à l'hôtel et en revenir sont assez éprouvantes. Je vais revenir avec des cuisses et un cul.

Ecoutez bien ce que les riches font. Ils ont des propriétés énormes, par exemple plusieurs hôtels de charme et de luxe. De charme, 3 étoiles, de luxe 4. Ils ont du pognon à ne plus pouvoir le compter, surtout comparé à nous. Et ils veulent encore plus s'enrichir, sur le dos de riches moins riche qu'eux. Alors ils ordonnent aux barmens de vendre le plus possible d'alcool, la drogue dure sociale en vente libre et archi taxée. Ils proposent aux barmens un pourcentage sur la vente pour les motiver sur le plan monétaire, motivation compréhensible au vu de l'Empire capitaliste qui nous touche tous. Les barmens ont leurs objectifs en terme de bénéfices ou profits et font bien évidemment tout pour vendre, même ce qui se liquide mal (la Suze) en manœuvrant habilement dans le but de se faire payer des coups par des clients qu'ils auront préalablement enivrés et attirés dans leurs pièges à fric. Le truc est de tchatcher. Inciter le client à boire et à parler en posant des questions tout en lui remettant une micro-dose "cadeau hypocrite" afin que jamais son verre ne sois vide. Ensuite, légèrement saoul, il payera un coup au barman qui acceptera volontiers de délester le touriste de 5 euros en échange de se mettre dans le gosier une moitié de dose. 2 cl au lieu de 4 pour deux raisons, la sobriété au travail exigée dans le contrat et la possibilité de réaliser plus de bénéfices sur la bouteille. Un client qui ne parle pas et commande une bière toutes les 20 minutes n'est pas intéressant et pire, fait même perdre du temps = argent.

On peut trouver honteux l'invasion des Etats-Unis par les anglos-saxons au détriment des Peaux rouges. On peut trouver malsain le largage des caisses d'alcools dans les camps et la déchéance préméditée qui s'ensuivit. On peut trouver dégueulasse d'utiliser sur les autres un produit nocif à la santé dans le seul but d'enrichir son compte en banques personnel.

Effectivement, on peut.__

vendredi, 12 décembre 2008

Dernier jour de préparation !

Aujourd'hui dernière ligne droite avant l'ouverture demain. Le mauvais temps et la panne d'une machine ne nous ont vraiment pas aidés, ça ne sera pas vraiment plat mais skiable !!! Enfin on a mis le paquet aujourd'hui en se relayant pendant les pauses repas pour ne pas laisser les machines à l'arrêt !!! Bon ski à tous !

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mardi, 9 décembre 2008

Pour profiter encore un peu ...

Pour profiter de la journée magnifique de lundi, j'ai sorti mes raquettes pour la première fois cette saison! et comme le domaine des Menuires n'est pas encore ouvert mais déjà tout bien préparé pour l'ouverture "officielle" de samedi, je me suis payé le luxe de monter vers Tougnette par la piste de la Violette puis par le Chemin du Gros Tougne...

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lundi, 8 décembre 2008

Premier jour à Orelle !!!

Salut à tous !

Et bien pour moi la saison a commencé aujourd'hui. Tout a commencé par un petit déjeuner offert pas la direction ensuite chacun s'est présenté, beaucoup de nouvelles recrues cette année et une cinquantaine de personnes au total ! Discours du boss ainsi que des différents intervenants de la station (caisses, entretien, neige de culture, etc...), et remise des tenues (elles sont magnifiques cette année...). Après un bon casse-croûte différents ateliers (sécurité, présentation des matériels d'évacuation...)

Voilà demain en congé (vive les aléas du planning !!!), et mercredi après la visite médicale je saute dans ma bibiche !!!

Arvi @+ Nico

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